À Pau, au pied des Pyrénées, il est un nom que tout le Béarn prononce avec un sourire : Francis Miot. Enfant, c'est dans la cuisine de sa grand-mère qu'il attrape le goût des fruits mijotés et des odeurs de sucre chaud — une madeleine qui ne le quittera jamais.
Autodidacte passé par l'école Lenôtre, il lance en 1985 ses premières confitures artisanales et fonde la maison qui porte son nom. Sa conviction tient en une idée simple, devenue règle d'or de l'atelier : laisser parler le fruit. Cuissons courtes, petits chaudrons de cuivre, moins de sucre — le geste d'origine n'a jamais changé.
Le résultat ? Meilleur Confiturier de France et triple Champion du Monde de confitures, classé hors concours depuis tant les médailles s'accumulaient. Mais Francis Miot, c'était aussi une moustache inimitable, un œil malicieux et un faible pour les clins d'œil coquins à l'histoire béarnaise. Ses Coucougnettes, créées en hommage au bon roi Henri IV, sont devenues la confiserie emblématique de Pau ; ses Galipettes et ses Tétons de la Reine Margot ont chacun décroché leur ruban bleu au salon des chocolatiers.
Disparu en 2015, il a laissé bien plus qu'une recette. Aujourd'hui, à Uzos, à deux pas de Pau, une trentaine de passionnés perpétuent l'esprit de la maison aux côtés des frères Othax : même exigence, même créativité, même gourmandise. De la fontaine de sucre chaud de l'enfance aux vitrines du monde entier, l'histoire reste celle d'un Béarnais resté fidèle à ses fruits et à son terroir.