Tout commence en 1872, à Poey-de-Lescar, dans une auberge nommée « Le Postillon » — un ancien relais de poste où l'on changeait les chevaux et où l'on refaisait le monde autour d'un verre. C'est là, sur les terres de la famille, que naîtra bien plus tard une petite obsession rouge.
En 1948, un premier champ d'à peine cinquante pieds de piment voit le jour. Cultivés, récoltés, puis séchés au gré du soleil et du vent, ces piments venaient relever la garbure, le jambon et les pâtés servis sur les tables de l'auberge. De cette habitude familiale est née, génération après génération, la Maison Malnou — aujourd'hui certifiée bio, et toujours solidement ancrée dans son Béarn.
Le piment Béarnais — un capsicum annuum — demande de la patience. Les semis sont lancés dès la fin février, au chaud et à l'humidité ; les plants passent sous serre avant de rejoindre la pleine terre fin mai. La récolte, elle, ne commence qu'à la fin de l'été et se poursuit jusqu'aux premières gelées — et l'on ne cueille que les fruits entièrement rouges, à pleine maturité.
Vient alors le temps long de l'affinage. Plusieurs semaines durant, les piments sèchent naturellement sous une serre bien ventilée, avant un séchage à basse température mis au point par la maison. C'est lui qui révèle cette couleur orangée profonde et ces saveurs si particulières de poivron frais, de tomate séchée et de foin.
Et puis il y a la pièce maîtresse : le Piment Béarnais fumé. Patiemment exposé, plusieurs jours durant, à la fumée d'une lente combustion de copeaux de hêtre, il se charge de notes de céréales grillées, de bois et de réglisse. Un petit piquant, beaucoup de profondeur : c'est ce piment-là — et sa version nature — que nous avons glissés dans nos coffrets.