Sur les coteaux de Monein, face aux Pyrénées, le Domaine Montesquiou cultive le Jurançon comme on transmet un secret de famille. La légende raconte qu'un Gersois du nom de Montesquiou vint jadis se marier en Béarn et fonda ici la propriété qui porte encore son nom — une demeure du XVIᵉ siècle, un chai bâti tout en galets.
Aujourd'hui, ce sont deux frères, Sébastien et Fabrice Bordenave-Montesquieu, qui mènent la vigne. Après avoir fait leurs armes en Alsace, dans le Jura et en Provence, ils sont revenus reprendre les vieilles vignes plantées par leur grand-père puis leur père — certaines âgées de soixante ans — et réintroduire des cépages anciens du Béarn : petit courbu, camaralet, lauzet.
Ici, tout se gagne de haute lutte. Les coteaux grimpent parfois à 35 % de pente et les sols d'argile et de gros galets — un air de Châteauneuf-du-Pape — réchauffent le raisin jusqu'à la surmaturité. Passés en bio en 2021, les frères laissent une petite coccinelle veiller sur chaque étiquette : le clin d'œil d'une vigne vivante et respectée.
De cette terre exigeante naît une gamme de cinq Jurançons, du sec minéral au moelleux confit obtenu par passerillage, élevés pour la plupart en fûts de chêne. Des vins francs et lumineux, à l'image de leur terroir : entre chaleur du Sud et fraîcheur des Pyrénées.